Rayon d’or
54 x 45 x 8 cm
Laines de mouton cardée de St. Girons d’Aiguevives, laine mérinos cardée et teintée, perles de rocaille et bulle de verre (Julie Lefebvre, artisane d’art verrier), fil Lurex.
2025, 24h de travail
Il y a dans cette œuvre une pulsation primitive
Les fibres semblent s’être agglomérées non par la main humaine, mais par la volonté lente d’un organisme sous-marin — une créature silencieuse qui s’ancre sur la roche, se camoufle sous le sable et vibre par les vaisseaux sous sa peau. Les formes se déploient en arabesques molles, comme des bras tentaculaires, souples et autonomes. On pense à une étoile de mer échouée entre deux mondes : entre la matière textile et la chair des profondeurs.
Chaque branche, chaque torsade semble palper l’espace, comme les papilles d’un être qui perçoit son environnement par le toucher. Ce n’est pas une sculpture immobile — c’est un fragment d’animalité capturé dans sa lente métamorphose, dans sa vulnérabilité épineuse. C’est une étoile de mer qui n’a jamais vu l’océan, mais qui en porte la mémoire.
Les couleurs, sourdes et sableuses, rappellent les fonds marins où la lumière s’éteint doucement. Ici, pas de symétrie rigide : c’est un chaos ordonné, une géométrie vivante, faite de tensions, de reliefs, de respirations et de vide. Le noyau écarlate se pare d’une résille de perles vertes et se propage en dehors de sa sphère pour irradier d’énergie vitale ses ramifications d’or.