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Artiste Plasticienne

Jour de savane

54 x 41/43 x 17 cm,

Laines mérinos peignées et teintées, nappe de laine mérinos blanche, cordes de chanvre, perles de rocaille et bulle de verre (Julie Lefebvre, artisane d’art verrier).

2025, 54 h de travail

À l’aube, quand le ciel de la savane commence tout juste à blanchir sous le souffle déjà tiède de la brise, une forme élancée se dresse, solennelle, telle une flamme figée dans son ascension. Elle pourrait incarnée le talisman d’un peuple intemporel, le totem d’un clan mi-végétal, mi-animal. Elle observe la savane comme un veilleur bienveillant sur le monde, une sentinelle immuable, un gardien ancestral. 

La sculpture surgit mais ne bouge pas. Par contre, tout en elle respire et vit. Sa verticalité rappelle l’ombre d’un animal mythique, noble et puissant — peut-être un impala sacré, ou, un esprit cornu qui veille sur les terres. Elle devient l’écho sculptural des colliers de plumes portés par les chasseurs, les chamans, les danseurs nocturnes qui parlent aux étoiles. La sculpture agit comme un talisman monumental. Elle est le gardien silencieux des lieux : celui qui veille sur les migrations invisibles, celui qui protège les récits enfouis dans les couches du sol. Elle est la mémoire des galops effacés, le reflet des cornes qui dessinent la géométrie du paysage, le miroir des tourments caniculaires du ciel, la colonne vivante où l’animal devient esprit.

Son sommet, garni de fibres beiges disposées en éventail, évoque les crinières dorées des grands herbivores ou des puissants fauves, un plumage sacré et une couronne solaire. Les textures fines et légères caressent l’air, telles des hautes herbes au matin, où l’on sentirait presque l’odeur des herbacés et le léger souffle du vent qui les balancent doucement dans une danse fluide et envoutante.

Au centre, un anneau épais de matières duveteuses (bleu clair, beige naturel) cerne un halo doré accueille un cœur bleu nuit qui semble battre au rythme silencieux du cosmos. Des prolongements bleu nuit, sinueux et tentaculaires, s’élancent autour de cette masse, comme les bras d’un organisme archaïque ou les racines d’une mémoire ancienne. Parfois, elles sont longues, épaisses ou torsadées comme les portent certaines antilopes d’Afrique. L’œuvre se déploie en strates concentriques, alternant légèreté aérienne et densité tellurique, dans une parfaite cohabitation entre fragilité et puissance. Elle est striée de couronnes bleutées, de corps fins et saillants bleu nuit, d’écailles blanches. Il rappelle les contrastes de la savane : la végétation rare mais essentielle, la lumière rasante sur les peaux animales, l’équilibre entre rudesse et beauté. Tout ici semble appartenir à un ordre naturel. Les matériaux animal et végétal sont choisis pour ce qu’ils évoquent — la terre, l’air, le végétal, l’animal, le sacré originel, l’énergie vitale.

« Un jour de savane » propose une rencontre avec une sculpture qui dépasse le visible. Elle transforme l’espace en paysage spirituel et invite le visiteur à se tenir là, face à elle, comme face à une présence millénaire, à ressentir plus qu’à comprendre, à respirer ce souffle de vie, l’odeur de cette terre, comme un animal devenu conscient des beautés du monde.

Étapes de réalisation

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