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Artiste Plasticienne

Fleur de Soleil

60 x 50 x 8.5 cm

Laines mérinos peignées et teintées, nappe de laine mérinos blanche, perles de rocaille et bulle de verre (Julie Lefebvre, artisane d’art verrier).

2025, 36h30 de travail –

Au cœur de cette sculpture de laine palpite une sphère dorée, comme un soleil intérieur, la source primitive de toute chose. Ce cœur d’or, tel un noyau atomique, suggère la matrice originelle. L’idée de cet amalgame de fibres évoque le lien cosmique entre les éléments : chaque fil est un vecteur d’énergie, chaque extension une promesse de fusion.

Elle respire, elle rayonne — une pulsation douce, une vitalité gracieuse se propage en ricochets de lumière dans les sphères célestes. Cette respiration devient souffle vital. Cette propagation lumineuse représente un flux pacifique, une onde qui ne s’impose pas mais qui touche, effleure, transforme. Les écailles de lumière matérialisent la répétition féconde, comme l’ADN.

Des plumes flamboyantes dansent au rythme de l’onde, légères comme une âme qui répand ses bienfaits silencieusement, au monde entier. Cette émanation est incarnée dans ce mouvement gracieux, généreux, presque sacré — une caresse invisible aux résonances universelles. Ici, la plume devient symbole d’élévation et d’innocence. Elle suit l’onde et la diffuse. Chaque filament se fait lien, chaque fibre fragile entremêlée crée l’unité, comme une main invisible qui relie les êtres aux éléments.

Cette œuvre célèbre la délicatesse du matériau : la fibre laineuse, animale, souvent négligée, devient héroïne et sublime. Elle traduit l’idée que ce qui est fragile peut soutenir, unir, construire, magnifier le vivant.

La composition, dans son équilibre symétrique, interroge les oppositions fondamentales : elle contient les contraires sans les rejeter. C’est l’acceptation de la tension, du paradoxe, comme condition du vivant. C’est un dialogue silencieux mais fondamental entre le vide et le plein, la ligne et le volume, la douceur et la force, la fragilité et la structure.

Elle est une imperfection parfaite, une union de formes multiples, répétées, équilibrées, pour faire naître l’instant où tout se magnifie et irradie. L’imperfection devient poétique : elle reflète le monde réel, organique. Par la répétition des formes — geste artistique patient — l’œuvre atteint une sorte d’harmonie, un moment suspendu où chaque détail trouve sa place.

Et parfois, un œil céleste apparaît au creux de l’œuvre pour contempler le monde dans sa lumière la plus simple. Il évoque la conscience, divine ou intime. Il n’est pas là pour espionner, il contemple et se fait contempler. Sa présence suggère que la beauté réside dans la simplicité, et que l’art peut devenir regard — un regard qui aime, qui relie, qui éclaire.

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