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Artiste Plasticienne

Irradiation Solaire

66 x 45 x 8 cm

Laines de mouton de St. Girons d’Aiguevives cardées, laine ocre jaune de la filature Terrade, perles de rocaille et bulle de verre (Julie Lefebvre, artisane d’art verrier).

2025, 19h30 de travail

Dans l’épaisseur des fibres s’entrelace une mémoire ancienne — celle des troupeaux dans les prés, du soleil caressant les herbes, de la pluie nourrissant le sol, des feuilles dansant sous le vent, puis des mains patientes, expertes et enfin du murmure de la laine qui s’entremêlent en silence.

La composition évoque un relief organique — Un cœur de verre rayonnant et ses membres moelleux expansifs, un volcan actif créant une multitude de surfaces vivantes de textures, de creux et d’élévations. L’énergie créatrice émane du centre, coule, se propage en douceur comme une source d’eau vive alimente ses multiples ruisseaux.

C’est une présence : fragile et vaste, intime et cosmique, où même le vide a sa texture. Les multiples bras, plus ou moins lâches, plus ou moins tendus, racontent chacun une tension vibrante. C’est une matière qui vie, qui respire. Elle paraît habitée d’un souffle intérieur, comme si l’énergie du geste était restée piégée entre les fibres, entre ses particules.

La fibre n’est pas seulement matière. Elle devient pont, chant, racine. On y lit des chemins invisibles, des serments portés par l’énergie, l’esprit et le cœur vibrant et lumineux.

Le centre est un cœur vibrant de lumière. Chaque expansion est une pulsation. Chaque tentacule, un lien. Et dans les strates fibreuse du feutre, se dessine et irradie une force douce, résistante comme la terre, métamorphosable comme l’eau.

Les couleurs oscillent entre des nuances terreuses : beige, ocre jaune, ivoire, parfois traversées d’éclats de blanc ou d’or. Ces tons s’accordent comme une musique douce, une harmonie visuelle. Sur une surface souple aux teintes naturelles, les fibres de laine s’entremêlent, s’entrelacent. Certaines sont épaisses, comme si elles portaient encore la mémoire des troupeaux et des collines ; d’autres plus fines, presque aériennes, semblent suspendues dans un souffle silencieux.

À mesure qu’on l’observe, le regard navigue entre les zones denses et les espaces plus vides, comme une cartographie émotionnelle. Ce n’est pas une simple surface textile — c’est un paysage intérieur, où chaque fibre est une pensée, chaque enchevêtrement une mémoire, chaque expansion un lien invisible.

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