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Artiste Plasticienne

Introduction à la collection des œuvres 2025

Corps et âme : un feutré de fragilité et de force

Le corps est un bouclier — fait de chair, d’os, d’eau et de sang, de souffle, recouvert d’une peau poreuse. Il sauvegarde, protège, se défend. Mais comme la laine, il est vulnérable : chaque fibre seule peut se rompre sous les blessures, se perdre dans le vent hostile. Pourtant, lorsqu’elles se feutrent, se lient, se serrent, elles deviennent résistance. Le corps, en souffrance ou en joie, se renforce dans l’étreinte, dans le lien comme une laine que l’on feutre.


L’âme aussi est tissée de fils fins : souvenirs, désirs, peurs, élans, espoirs, … Elle vacille, s’effiloche parfois. Mais elle sait feutrer ses blessures, transformer ses failles en force, lorsque l’on prend le temps de l’écoute, de la soigner, de prendre soin d’elle. Elle devient une armure invisible, douce mais tenace.
Ainsi, corps et âmes ne sont pas invincibles. Mais ensemble, dans leur vulnérabilité assumée, ils deviennent résistants.

Mes sculptures en laine prennent la forme du bouclier, symbole de protection et de pouvoir. Inspirées par l’écu de Charles IX, chefd’œuvre de l’orfèvre Pierre Reddon (15551560), elles transposent dans une matière douce et organique ce qui fut jadis un objet d’apparat royal.

Là où l’or et le métal affirmaient la force et l’autorité, la laine introduit la chaleur, la fragilité et l’intimité. Le bouclier devient alors une peau textile, une membrane protectrice qui ne repousse pas mais accueille.

Ce dialogue entre passé et présent, entre dureté et douceur, interroge la fonction du bouclier : estil seulement une arme défensive, ou peutil devenir un espace de mémoire, de résonance et de lien ?

En réinventant l’écu dans la fibre, je cherche à transformer un emblème de pouvoir en une forme de poésie tactile, où l’histoire se tisse à nouveau, fil après fil.



Les élémentaires

Un monde emprunt d’énergies douces, d’imperfections assumées et de beauté pure
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Les mini-élémentaires

Embryons de sculpture, formes en germination, annonces de vie et genèses d’une force vitale, ces mini-élémentaires sont là pour nous annoncer et nous accompagner dans un renouveau d’énergie esthétique. Elles sont un concentré de vibrations bienveillantes et salvatrices prêtes à nous irradier de son pouvoir élémentaire et vital. Feutre de laine de 12x9,5cm sur 2,5cm de hauteur.

Éclosion d’harmonie

Au cœur d’un ovoïde asymétrique de feutre beige, un mandala floral prend vie. Les pétales, tissés de fibres blanches, bleues et brunes, s’étendent en une éclosion radiale, chacune ponctuée d’une perle orangée comme une étincelle de lumière. Au centre, un écrin de fil métallique enlace une perle turquoise de verre, tel un joyau suspendu dans le souffle du silence ou le noyau atomique d’une douce et vibrante énergie.

Cette création, à la croisée de la matière et du rêve, évoque la délicatesse et la force invisible de la nature. Elle invite à la contemplation, à la lenteur, à l’écoute des textures et des couleurs qui dialoguent dans une harmonie subtile. Chaque élément semble murmurer une histoire, celle d’un monde intérieur où la beauté se tisse fibre à fibre, et, où la lumière a toute sa place



Fusion originelle

Cette œuvre textile, entièrement réalisée en laine feutrée, évoque un rayonnement de matière vivante ou avec délicatesse et symbolisme le miracle de la vie à son commencement. Au cœur de la composition, un noyau scintillant — perle brune cerclée de fil doré — incarne l’ovule, source de potentiel et de mystère. Autour de lui, une danse de filaments torsadés, sombres et dynamiques, chacun ponctué de perles bleues et orangées, suggère le mouvement des spermatozoïdes dans leur quête vitale.

Par le choix des matériaux et des couleurs, cette sculpture mêle science et sensibilité, biologie et poésie, pour célébrer l’élan créateur qui nous relie tous.



Éclosion céleste

Dans cette œuvre en forme de goutte inversée en laine feutrée, la nature et le cosmos semblent s’unir dans une harmonie silencieuse entre réalité et imaginaire. Le cœur de l’œuvre, une pierre bleu-vert aux reflets profonds, évoque une planète lointaine ou une goutte d’eau précieuse, sertie de fils dorés comme les rayons d’un soleil intérieur.

Autour, les motifs symétriques en brun et blanc dessinent des ailes, des pétales ou des plumes, selon l’imaginaire de chacun. Ils suggèrent le mouvement, la croissance, l’éveil, l’envol. 

Cette sculpture est une célébration de l’équilibre — entre force et douceur, entre structure et spontanéité — et invite à contempler le mystère de ce qui naît, s’ouvre et respire.




Floraison tellurique

Cette œuvre laineuse, à la fois florale et minérale, semble jaillir de la terre comme une offrande à la lumière. Sur un fond de laine sombre, les pétales symétriques en blanc, beige, vert et bleu dessinent une corolle vibrante, empreinte de douceur et de vitalité. Chaque fil, chaque nuance, évoque les éléments — l’eau, la terre, l’air — réunis dans une danse harmonieuse.

Au centre, une sphère de cuivre finement tressée capte le regard : cœur métallique dans un écrin de fibres, elle symbolise l’énergie contenue, la graine d’un monde en gestation, la lumière et le quatrième élément le feu. Le contraste entre les textures, souplesse de la laine, rigidité du métal, invite à la contemplation du vivant dans sa diversité et sa beauté.

Cette pièce est une célébration de l’équilibre entre nature et matière, entre spontanéité et structure. Elle murmure l’histoire d’une floraison intérieure, d’un monde qui s’ouvre lentement, patiemment, à la beauté.

Peau de lumière

Un corps feutré de laine blanche, ponctué de touffes brunes et bleues, évoque des animaux imaginaires, des écailles mouvantes, des reflets changeants d’un monde terrestre ou d’un univers aquatique intérieur.

Au centre, un œil bleu cerclé d’or capte l’attention — regard paisible, presque céleste, qui semble observer sans juger. Les fils dorés qui l’entourent rappellent l’élément vital, les éclats du soleil sur l’eau, les vibrations de la vie sous la surface.

Cette œuvre textile, à la fois abstraite et évocatrice, invite à la dérive douce, à la contemplation. Elle célèbre le vivant dans sa forme la plus fluide, la plus libre, et murmure que dans la laine, la vie, la matière, la lumière et l’eau peuvent danser.

Fleur de plumes

Cette fleur textile, née de la laine et d’une perle, s’ouvre comme un oiseau en plein vol. Ses pétales blancs, bordés de noir, dessinent la géométrie délicate et graphique des plumes d’une grande aile ouverte, où chaque contraste raconte une tension entre ombre et lumière, entre fragilité et force, entre multitude et unité.

Des touches de bleu et d’orange viennent ponctuer la composition, comme des éclats de vie, des émotions surgies au cœur de la matière, l’énergie déployée pour s’envoler. Au centre, une perle brune cerclée d’or veille, paisible et rayonnante, telle une graine de feu ou un noyau de mémoire, la genèse de la vie.

Cette œuvre est une célébration de la dualité, douceur et intensité, calme et mouvement, et invite à voir dans chaque fleur un monde, dans chaque plume une élévation, dans chaque fibre une pulsation. Elle parle de beauté pure, de gestes précis, et du pouvoir de créer avec ce qui est simple et essentiel.

Les essentielles

Force archétypale incarnée d’essence vitale
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Se réparer

Recherche actuelle

Une dépression sévère m’a fait sombrée dans les profondeurs abyssales terrifiantes de mes pires angoisses. Cette expérience cauchemardesque m’a ouvert l’esprit : j’avais poussé à bout mon physique et je devais accueillir une nouvelle façon de vivre radicalement différente de l’ancienne. Je pensais être en phase avec tout cela, mais, mes anciens schémas ont résisté longtemps. Ils ont la vie dure et il n’est pas aisé de passer outre. Le conflit intérieur en pleine apothéose m’aspira dans ces ténèbres qui ont failli m‘être funestes. Une rupture devait se faire, cette crise terrible m’a obligé à changer. Je n’avais plus le choix, car je ne souhaite en aucun cas me laisser aspirer à nouveau par mes peurs et redescendre dans ce gouffre qui absorbe aussi bien la lumière que l’énergie vitale. 

Les soutiens mis en place, mon acceptation de ma maladie mentale et des changements à opérer, un vrai repos du corps et de l’âme, mes expériences passées en matière de suivi psychologique, m’ont rapidement remis sur pieds. Et durant ces quelques mois de convalescence, j’ai eu besoin de rechercher artistiquement mes solutions réparatrices. Elles ont été d’abord timides, brouillon, tâtonnantes, mais elles ont maintenu le cap et nourri l’inspiration.

Un des grands déclencheurs de cette guérison fut l’accueil enfin conscient que ces œuvres de laine étaient avant tout des boucliers. J’avais besoin de protection, de défense mais je refusais de l’entendre. Je m’y étais confronté en avril 2025, lors d’une visite au musée du Louvre. Le face-à-face singulier et troublant avec l’écu de Charles IX de Pierre Reddon fut bouleversant, mais je l’ai rapidement mis de côté, refusant d’admettre mes faiblesses. Depuis, je les ai acceptées, accueillies et je les revendique désormais dans mon travail plastique et dans ma vie.

Au commencement de mes recherches, je m’imaginais que le lien d’or devait être d’une seule et même matière, fluide, identique et souple dans le creux des failles. Mais, mon travail thérapeutique m’a peu à peu permis de réaliser que même les failles et les réparations sont multiples, irrégulières, nourries de différentes choses, tissées de diverses manières, avec ce qui nous fait et ce que l’on a à tel ou tel moment de notre existence. Les réparations sont aussi vivantes, évolutives et revêtent différentes formes pour s’adapter, faire le lien au mieux selon la situation. Elles peuvent elles-mêmes se casser et être à nouveau réparées. Elles peuvent être discrètes et tentaculaires, fragiles et indestructibles, souples et tendues, unies et distantes. La lumière peut s’y accrocher de milles façons selon la nature et les reliefs des liens tissés. Et ceci fait que les failles réparées scintillent, vibrent d’une musique éclatante de vérité et de complexité.

La laine est comme l’âme humaine : une matière vivante, soumise aux forces du monde, aux frottements de l’existence, aux ruptures qui la marquent. Elle est comme le corps humain : constitué de fibres, il les tend, les croise, et de cette trame naît une étoffe singulière et précieuse : notre vie. Mais aucune étoffe n’est parfaite. Des mailles sautent, des fils se cassent, des nœuds apparaissent. Ce sont les faiblesses, les blessures, les cicatrices de l’être.

Dans mon travail sur cette collection « Se réparer », j’ai voulu expérimenter l’art japonais du kintsugi : un art ancestral où les fissures d’un objet ne sont pas effacées, elles sont soulignées, sublimées par l’or, magnifiées comme des éclats de lumière, une promesse de progression, de grandeur, d’enrichissement intérieur apparent à l’extérieur. L’objet brisé devient plus précieux qu’avant, car il porte la mémoire de sa fragilité et la noblesse de sa réparation. Appliqué à l’âme et au corps, ce geste nous enseigne que nos failles ne sont pas des défauts à cacher, mais des lieux de révélation. Chaque rupture dans le fil de la laine est reprise avec un fil doré. Chaque cicatrice devient une ligne de force, de flamboyance. Chaque faiblesse se transforme en éclat de lumière, étayant l’âme.

La laine nous rappelle que l’existence est un tissu en perpétuelle reprise. Nous ne sommes pas des étoffes parfaites, mais des œuvres en devenir tout au long de notre vie. Nos faiblesses sont des ouvertures, nos blessures des passages, nos réparations des métamorphoses, la trace de notre apprentissage. Le kintsugi enseigne la philosophie de la réparation : ne pas nier la faille mais l’accueillir, ne pas masquer la cicatrice mais la magnifier, ne pas chercher la perfection mais la beauté de l’imperfection assumée.

Ainsi, l’âme humaine devient une étoffe dorée de ses reprises, une laine traversée de lumière. Elle n’est pas intacte, mais elle est entière. Elle n’est pas parfaite, mais elle est infiniment précieuse. 

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La laine et le kintsugi se rejoignent dans une même sagesse : celle de la fragilité transformée en force. L’âme et le corps, comme un tissu réparé avec la lumière et l’or, portent la trace de leur histoire et brillent d’un éclat unique et vital celui de nos vulnérabilités et de nos forces : un feutré de douceur de ce que nous sommes dans ce que nous avons de meilleur.

Autoportraits

Une troublante révélation lors de cette première phase de création : ce sont les failles que je travaille en premier. Elles seront la genèse de cette œuvre. Ce sont les creux, les faiblesses qui structurent l’œuvre. Elles sont brodées de manière à créer une surface irrégulière, mouvante, riche et accrocheuse, avec quatre fils dorés de couleurs et de textures différentes. Cet ensemble rappelle les reliefs et arabesques en ciselure sur métal. Son apparenté avec l’écu de Charles IX ne fait aucun doute.

Une fois toutes les failles ornées, j’y intégrerai le corps de l’œuvre en laine feutrée certainement constituée, elle-aussi, d’une accumulation de reliefs et d’éléments.

Le cœur de l’œuvre est toujours présent en son centre, une bulle de verre devrait y trouver sa place. La composition sera identique aux autres, en expansion, un rayonnement du centre vers l’extérieur.

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